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Chronique musicale de l'album de WORMSAND, "You, The King"

  • Photo du rédacteur: Mylène Javey
    Mylène Javey
  • 18 nov.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 nov.

Chronique musicale par Mylène Javey

Album : You, The King

Label : Mrs Red Sound


Pochette de l'album You, the king, de Wormsand

Que le dormeur s’éveille…


Si j’avais un trident magique, mes loups, je n’hésiterais pas une seconde à l’agiter au-dessus de nos têtes pour que chacun d’entre nous puisse trouver une nouvelle voie d’expression, un nouvel ancrage quand la tempête nous emmène au large sans possibilité de retour sur le rivage.

Ma découverte du nouvel album de Wormsand, sorti en novembre 2024 chez Mrs Red Sound, m’a littéralement attirée par le fond d’un seul coup de rame. J’ai coulé, mes loups. J’ai coulé si profond que même mon cœur, siège de mon âme, s’est répandu sur le fond marin aux côtés du « Roi » qui sommeille en chacun de nous. You, The King a bel et bien agit comme une sorte de ressac fracassant dans ma mémoire éternelle, ou encore un chant de sirène pourtant bien loin d’une mélodie enchanteresse qui aurait su extirper avec la douceur de sa voix hypnotique, la mélancolie et la rage qui m’habite. Comme si chaque titre pouvait m’inviter à faire rejaillir la souveraineté de mon Être. Et chaque titre m’a, en effet, bousculée par la rugosité des riffs à travers le voyage de la vie, avec pour seul constat le fait de naitre seule dans une joie relative, et surtout ! La certitude de mourir dans la solitude absolue, « reine » en mon pays ou pas…


Ce nouvel album aux sonorités lourdes, profondes et percutantes d’un Doom/Grunge grandiose, est incontestablement empreint d’une justesse de mélodies savamment entourées de grosses plages de sons qui vous percutent de plein fouet comme un ouragan lourd d’embruns salés et corrosifs. Cela ne pouvait que parler à mon âme, mes loups, car ne dis-je pas souvent au sein de la rédac de Satan bouche un coin, que le genre du Doom/stoner/sludge, occulte ou pas, est sans nul doute l’expression la plus aboutie des couleurs contrastées de mes profondeurs… Et profondeur de ressenti il y a, ici. Oh oui. Un ressenti nostalgique, à fleur de peau, émotionnel et aquatique comme une onde timide qui affleure lentement à la surface de l’eau et qui finit par tout ravager sur son passage. Un ressenti terriblement bousculant.

Avec Digging deep et Black Heaven, Wormsand nous balance par-dessus bord sans aucune bouée de sauvetage qui pourrait nous rattacher à la Divine Présence en soi comme fil conducteur qui nous sauverait éventuellement de nos abysses… La production est lourde, terriblement lourde, entre une voix claire appelant en vain l’espérance, et une voix saturée agissant comme un écho de la rage qui nous pose face à la tempête de la vie ; mais une production définie et claire, agréable comme je les aime, nous montrant par là-même que la rugosité du style est aussi en capacité de caresser nos émois les plus difficiles à calmer. J’ai pu constater à quel point nous sommes en mesure de couler bien plus bas que les fonds connus. Alors si je pouvais exprimer par une mélodie fataliste le cours de ma chute perpétuelle, je mettrais en fond sonore Drown et The Final Dive. Je me dis qu’après une centaine d’écoutes attentives et méditatives, j’arriverais peut-être, par le contraste saisissant des breaks doucereux opposés aux riffs incisifs et ravageurs, à remonter à la surface et à regagner ma forteresse battue par les vents, qui se tient, malgré tout, toujours au bord du précipice.

Tout n’est qu’édifice branlant, nous rappelle You, The king. 

Branlant, oui. Mais qui tient, face aux vagues destructrices de nos colères. Oui, tu as saisi ce que je veux dire, toi, mon loup qui me lis. Toi, le « Roi de ton âme » qui tente par tous les moyens de t’asseoir sur le trône de ta conscience. Recommence, encore et encore. Hurle face au vent, face à ta nuit insondable.

Accroche toi.

Accroche-toi au bastingage même quand le navire tangue au cœur des bourrasques, car dans tous les cas, nous savons, toi et moi, que le voyage prendra fin, tôt ou tard, et que la destination finale se gagnera… seul. Fais alors confiance au titre To die Alone, car comme un bijou poli par les ans, il nous ramènera à la réalité de nos finitudes par le cliquetis entêtants des gouttes du Temps qui martèlent sans relâche, sur les peaux mouillées d’une batterie puissante, le temps qui nous est comptés.


Mylène Javey, Auteure



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